Salut les potes.
Aujourd’hui, je vais reparler de mon plus gros fantasme en rétro gaming : la Philips CDI.
On lit souvent : « Elle est ultra limitée, bla bla bla. Elle est tout juste capable d’animer 2 sprites à la fois, bla bla bla…».
Et bien c’est à la fois vrai et faux. Au début, j’ai soutenu bêtement ce pré-pensé, jusqu’à ce que je regarde
cette vidéo , où on voit vraiment de quoi la CDI est capable.
Maintenant entrons dans le vif, à savoir, pourquoi les deux jeux cités dans le titre (la flemme de tout réécrire) démontrent bien toute la puissance de la console.
Pour l’expliquer, il faut quelques connaissances techniques, mais je sais que vous les avez.
Pour le grand public, la Philips CDI est sortie en 1992 en France.
À l’époque, les consoles reine étaient la MÉGA-DRIVE de SEGA, et la Super NES de Nintendo.
Ces deux consoles utilisent toutes deux le support cartouche (4 Mo maximum pour la Méga-Drive, 6 pour la Super NES.).
La Méga-Drive sera la seule des deux à avoir droit à une extension CD-ROM.
La CDI quand à elle avait été conçu autour de ce nouveau média (Pas le CD-ROM, mais le CD-I, un concurrent du CD-ROM propriétaire à Philips.).
Les deux standard étaient différents, mais le résultat était le même. À savoir une capacité juste
ÉNORME !!!!!! pour l’époque.
On passe de 4, ou 6 MO sur cartouche, à entre 400, et 650 MO sur CD-ROM, ou CD-I!!! Pour se donner une idée, à l’époque, un disque dur de PC de 80 MO était considéré comme une ayant une capacité confortable, voir grande.
Le support CD a aussi l’avantage d’être plus facile, et moins cher à fabriquer que les cartouches (Pas de Circuits Imprimés à assembler. Procédé de fabrication hérité de celui des CD-AUDIO, qui lui-même ressemble un peu à celui des Vinyles (Réalisation d’une matrice, puis pressage, ou moulage des disques avec cette dernière)).
La grande capacité de ce nouveau support est une vraie révolution, presque aussi grande que la 3D.
Cela donne donc des idées (plus ou moins bonnes) aux développeurs : Mettre de meilleurs musiques, qui seraient non plus jouées par la console (avec une puce « Synthétiseur »), mais par de véritables musiciens, puis enregistrées. Comme pour le cinéma. Généraliser les voix digitalisés, avec une meilleure qualité que sur cartouche, intégrer des photographies numérisés en couleur vrai pour illustrer le jeu, et même des vidéos, de plus beau décors etc…
Malheureusement, Philips n’a pas vu le potentiel vidéo ludique de son nouveau support, et souhaitait orienter sa « console » vers un usage culturel, et éducatif.
D’ailleurs, cela se voit à sa « manette » qui est plus proche d’une télécommande de lecteur DVD que d’une manette de jeu.
Sa configuration est également orienté dans cette optique : la CDI possède une palette de 16 millions de couleurs, pour 32768 couleurs affichables simultanément.
Idéal pour afficher un photo, ou une peinture numérisée en couleur vrai. Malheureusement, elle n’offre aucune prise en charge matériel des sprites.
Sa résolutions d’écran peut atteindre 768×560 pixels (largeur×hauteur). Idéal pour afficher image très détaillée, comme une gravure, ou un manuscrit d’écrivain numérisé. Hélas, elle ne possède aucun prise en charge matériel du scrolling.
En fait pour faire simple, la Méga-Drive et la Super NES possédaient un processeur de puissance normal, voir un poile inférieur, mais qui dans les deux cas était épaulé par d’autres puces dédiées à des tâches précise : affichage, avec gestion des sprites, et du scrolling par exemple.
Et bien pour notre chère CDI, c’est exactement le
contraire : elle possède un seul gros processeur, cousin de celui de la Mega-Drive : Un Motorola 68070, cadencé à 15,5 mhz, très puissant pour l'époque.
En revanche, il n'y a aucune petite pupuce pour l’aider, et accessoirement lui tenir compagnie.
En comparaison, la Méga-Drive, possède un processeur Motorola 68000 cadencé 7,6 mhz, ainsi qu'une puce d'affichage qui gère le Scrolling et les sprites.
Sur notre CDI, le seul processeur doit TOUT faire tout seul, et c’est là qu’on voit qu’il en a dans le ventre.
Quand vous regardez les graphismes (sauf les cinématiques bien sûr) de Link the face of evil, ou Zelda Wand of gamelon vous ne remarquez rien?
Et oui, c’est jolie, même très beau.
Lorsqu’on compare ces décors à ceux des jeux Super NES, ou Méga-Drive, il n’y à pas photo, ou plutôt peinture.
Sur Méga-Drive ou Super NES, les décors sont certes jolies, mais font très « informatique ». On a l’impression qu’ils ont été dessinés sur un ordinateur, pour être affiché sur un écran, et rien d’autre.
Alors que dans Link the face of evile, et Zelda wand of gamelon, on a l’impression d’avoir de vrais dessins fait à la main. Avec juste du papier, des crayons, de la peinture et tout l’amour, et la passion que pouvait mettre les dessinateurs dans leur œuvre. Comme les dessins d’un livre pour enfants.
Pareil pour les sprites, ils sont bien beau eux aussi.
Beaucoup de gens disent que l’animation des sprites est saccadées, et que les cinématiques sont horribles.
Sur ces deux points, je ne peux que leur donner raison. Mais je peux aussi expliquer pourquoi il en est ainsi.
Rappelez vous, j’ai dit plus haut que la CDI n’a qu’un seul gros processeur qui doit tout faire tout seul. Du coup, si ce n’est pas bien optimisé, et bien ça rame.
Or, il faut savoir que Link the face of evil, et Zelda wand of gamelon ont été développés tous les deux en même temps, en un temps record, et avec un budget plus que serré.
Du coup, que ce soit pour l’optimisation, ou la qualité des cinématiques, ils ont dû faire des concessions.
Plus d’infos sur ces deux jeux
ici.
De plus, en 1992-93, les deux consoles reine de Nintendo, et de SEGA, malgré leur prise en charge matériel des sprites, et du Scrolling auraient juste été
INCAPABLES de faire tourner un jeu avec de telles graphismes.
La Super NES n’ayant pas de support CD, elle ne pouvait pas afficher de cinématiques Préenregistrées. La Méga-Drive avec son extension Méga-CD pouvait afficher des cinématiques préenregistrés, mais limité à 256 couleurs, et pas en plein écran.
Voilà donc pourquoi la CDI est puissante.
Car avec un seul processeur, elle est capable de faire ce que ni la Méga-Drive, ni la Super NES ne pourraient faire malgré leur chipsets supplémentaires.
Pour ceux qui disent : Elle arrive tout juste à annimer 2 sprites à la fois", dans
ce test, le Joueur Du Grenier se plaint qu'il y a trop d'ennemis, et que :
"ça repope un boucle, c'est insupportable!!!".
Afficher, et faire repoper aussi vite autant de Sprites aussi détaillés, c'est pas une démonstration de puissance ça?
Enfin, un reproche qui est régulièrement fait à la CDI, c’est ses temps de chargement trop long.
Bon, oui son lecteur ne dépasse pas les 1x.
Mais enfin! Cette console est sortie en 1992, pour le grand public, en France. Sa conception remonte donc à la fin des années 80.
Personnellement, je suis pas sur qu’en 1988, ou 1989 il existait des lecteurs 4,3, ou même 2×. Ni même que beaucoup de gens, excepté les gros gammer fortunés, ou les informaticiens et développeur de logiciels savaient qu’on pouvait mettre autre chose que de la musique sur un CD.
Quand à sa manette, ou plutôt sa Télécommande classée comme un des « Pires contrôleur de tous les temps », elle n’avait juste PAS été conçu pour jouer.
Essayez de jouer à Mario avec la télécommande de votre lecteur DVD, ou de votre téléviseur, et vous comprendrez pourquoi celle de la CDI avait été conçu.
Heureusement, ils ont fini par comprendre, et ont enfin sortie une vraie manette.
Ce qui vraiment dommage, c’est la bêtise des ingénieurs de chez Philips qui n’ont pas su voir tout le potentiel de leur bébé. Car si la CDI avait intégré, en plus de son architecture de base une prise en charge matériel des sprites et du scrolling, elle aurait écrasé techniquement toutes ses concurrentes.
Comme ultime preuve que cette console ne mérite pas sa place dans la liste des « Pires consoles de tous les temps», C’est que Nintendo s’était tourné vers Philips, après un désaccord avec Sony pour le développement de l’extension CD de la Super NES. Le contrat signé par Philips disait que les jeux du Super NES CD devait aussi sortir sur CDI. Du coup, on peut penser que si elle avait vu le jour, cette extension aurait sûrement été basée sur la CDI de Philips. Preuve que ça ne devait pas être une si mauvaise console que ça.
En plus de permettre de jouer, la CDI permettait de goûter aux joies des films en vidéo numérique.
À l’instar de la SEGA Saturn sortie 3 ans après, la Philips CDI pouvait recevoir une carte de décompression MPEG 1, qui était nécessaire dans certains jeux pour lire les cinématiques.
Le processeur de cette carte, était alors le seul à être dédié à une tâche spécifique.
Mais, il permettait surtout de visionner des films en CD-I Vidéo, puis en Vidéo-CD sur son CDI. Comme on le fait avec notre lecteur DVD, ou notre PlayStation de nos jours. La définition était certes équivalente à celle de la VHS, mais les films dans ce format offraient tout de même une image de meilleur qualité qu’une VHS, grâce au format numérique (Absence de lignes, et autres perturbations à l’écran provoqué par l’usure de la bande magnétique). En contrepartie, il était souvent nécessaire de changer de disque au milieu du film. Un Vidéo-CD ayant une capacité maximum de 74 minutes 1h14.
Certains modèles de luxe, avaient une carte MPEG 1 intégrée d’origine. Ils pouvaient donc lire des Vidéos-CD sans ajout de matériel supplémentaire.
Pour conclure, je dirais que la CDI était une merveilleuse « console » pour son époque.
Avant sa sortie, aucun autre appareil n’offrait autant de fonctions à lui seul.
La CDI était capable de lire des CD-Audio, des Vidéos-CD, des jeux, et toutes sortes de logiciels interactifs (encyclopédies, visite de musée, etc…).
Et justement. C’est peut-être ce côté « Couteau Suisse du numérique » ou Media center qui posait problème à l’époque.
Les gens ne savaient pas vraiment ce qu’était la CDI : Un lecteur CD, un Lecteur Vidéos-CD , une console de jeu, un ordinateur? D’ailleurs, chez Philips non plus ils ne savaient pas trop ce qu’ils vendaient. Les dirigeants de la célèbre firme hollandaise ont compris tardivement que le principal motif d’achat chez les possesseurs de CDI, était de pouvoir jouer avec. Malheureusement, Philips l’a compris trop tard, et à commercialisé une machine certes très novatrice, mais qui laissait à désirer sur le point le plus important sur ce genre de produit : les jeux.
Êtes vous d’accord avec moi les amis ?